L’inflation suisse s’accélère à 1%, un tournant dans un contexte de stabilité relative

Economie

L’inflation des prix à la consommation a augmenté à 1,0% en septembre, sous l’effet des prix de l’énergie. C’est son niveau le plus élevé depuis août 2024, mettant fin à une période de prix quasi stables qui a caractérisé la première moitié de 2026.

L’inflation a progressé de 0,2 point en un seul mois, une accélération brutale qui surprend dans un contexte économique où la Banque nationale suisse souligne que l’inflation reste « relativement faible en comparaison internationale ».

Les prix de l’énergie, premier responsable

Les causes de ce mouvement haussier ne surprennent pas : les prix pétroliers mondiaux enregistrent une nouvelle tension, directement répercutée sur les factures énergétiques des ménages et entreprises suisses. Les prix des produits pétroliers sont plus élevés que prévu.

La dépendance suisse aux importations d’énergie la rend particulièrement sensible aux chocs extérieurs. L’inflation devrait continuer de progresser légèrement au quatrième trimestre, avant de décliner en 2027, car l’inflation énergétique actuellement élevée devrait revenir à la baisse.

La BNS maintient le cap

Face à cette accélération, la Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0% et poursuit une politique monétaire très accommodante pour soutenir l’activité économique tout en maintenant l’inflation dans une zone compatible avec la stabilité des prix.

Cette position reflète une évaluation nuancée : si l’inflation grimpe, elle reste bien inférieure aux niveaux observés ailleurs dans le monde. Les prévisions de la BNS placent l’inflation moyenne annuelle à 0,7% pour 2026, 0,8% pour 2027 et 0,8% pour 2028.

Des signaux économiques mitigés

Cette poussée inflationniste intervient dans un contexte économique contrasté. Le SECO a relevé sa prévision de croissance du PIB suisse à 1,7% pour 2026, contre 0,9% estimé en juin. Cependant, les prévisions concernant les investissements réels sont révisées à la baisse, et les experts tablent sur un ralentissement des exportations, avec une hausse de seulement 0,5% au lieu de 1,0%.

Sur le marché du travail, les économistes escomptent un taux de chômage de 3,1% pour l’année en cours et s’attendent à un taux identique en 2027.

Une prudence justifiée

Les observateurs restent prudents. Si l’inflation progresse, les experts maintiennent que les pressions prix à moyen terme restent modérées. Les marchés à terme suggèrent une baisse des prix du pétrole dans les prochains mois.

Néanmoins, ce franchissement du cap du 1% invite à surveiller davantage les prix futurs. Une hausse des prix de l’énergie génère un regain d’inflation, tandis que des données économiques solides et des risques d’inflation poussent les rendements à long terme à la hausse. Les entreprises et ménages suisses doivent anticiper un environnement moins déflationniste qu’en 2025.