Le FMI salue la résilience de l’économie suisse dans son examen annuel, une évaluation positive qui tranche avec le contexte économique morose qui entoure les pays voisins. Selon le rapport de la Banque nationale suisse, le PIB devrait croître autour de 1% en 2026, tandis que la zone euro a enregistré une croissance de seulement 0,8% en rythme annuel au premier trimestre 2026.
Cette performance relative masque cependant des fragilités de plus en plus visibles. Le Groupe d’experts de la Confédération a révisé légèrement à la baisse ses prévisions, anticipant une croissance de 0,9% en 2026 et de 1,6% en 2027. Les entreprises, interrogées lors de contacts régionaux, offrent un tableau nuancé. Selon les discussions avec les représentants du secteur privé, l’économie suisse a connu une croissance solide au deuxième trimestre, les services et la construction affichant une progression robuste. Cependant, la fabrication n’a connu qu’une croissance modérée, et certaines entreprises rapportent que la situation au Moyen-Orient freine les signes de reprise observés au trimestre précédent.
Le principal nuage sur l’horizon reste énergétique et géopolitique. La crise au Moyen-Orient et au Proche-Orient pousse les prix de l’énergie à la hausse et freine l’économie mondiale. En Suisse, l’inflation est remontée de 0,1% en février à 0,6% en mai, principalement du fait de l’inflation importée liée à la hausse des prix des produits pétroliers.
Malgré ces turbulences, le franc suisse continue de jouer son rôle de valeur refuge. Le franc confirme son statut de monnaie sûre en s’établissant durablement sous la parité face à l’euro, autour de 0,9144 en début juin 2026. Cette force relative traduit la confiance des marchés dans la stabilité macroéconomique helvétique.
Sur le front monétaire, la Banque nationale reste prudente. Le 18 juin 2026, la SNB a décidé de maintenir son taux directeur à 0%. Cette stabilité soutient l’économie dans un contexte global fragile, bien que les perspectives restent soumises à une incertitude très élevée, notamment en raison de la situation toujours instable au Moyen-Orient.
Parallèlement aux enjeux conjoncturels, les autorités fédérales sont saisies d’une question structurelle majeure. Le relèvement du taux normal de TVA de 8,1% à 8,5% a été voté par le parlement mais doit encore être confirmé en votation populaire. Ce débat fiscal résume les défis budgétaires helvétiques, pris entre la nécessité de financer les politiques publiques et la pression fiscale que pourront supporter les électeurs.
Sur le plan commercial, la Suisse observe également l’évolution des relations entre grandes puissances. Un sondage réalisé par l’institut Sotomo pour Economiesuisse montre qu’une nette majorité de la population soutient le paquet d’accords UE-Suisse dit “Bilatérales III”, indiquant une ouverture de la population aux rapprochements institutionnels avec l’Europe malgré les turbulences du moment.