Les perspectives pour l’économie suisse se sont légèrement tassées en octobre. Après cinq mois ininterrompus de rebond, le baromètre du KOF indique un léger recul, selon le Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich. Faut-il s’alarmer ? Non, selon les analyste zurichois. Le baromètre se situe toujours au-dessus de la moyenne à moyen terme et les perspectives pour la conjoncture suisse restent solides.
La demande marque le pas
Le repli provient essentiellement d’une contraction de la confiance côté demande. Les indicateurs concernant la demande des ménages et la demande extérieure ont légèrement reculé en octobre. C’est une normalisation attendue après plusieurs mois d’amélioration, notamment sur les commandes à l’exportation. Les débouchés extérieurs, piliers de la croissance suisse, connaissent donc une pause bienvenue qui n’affole pas les experts.
L’industrie préserve son ascendant
La vraie bonne nouvelle réside dans la résilience industrielle. L’industrie reste solidement positionnée, préservant ainsi le moteur de la croissance helvétique. Ce bastion de stabilité rassure et suggère que le ralentissement révélé par le baromètre reste superficiel. Les secteurs manufacturiers, moteurs historiques de l’économie suisse, ne montrent pas de signes d’essoufflement majeur.
Les finances fédérales respirent
Sur le plan budgétaire, la Suisse bénéficie d’une embellie bienvenue. Selon l’extrapolation du Conseil fédéral du 28 octobre, la Confédération prévoit un excédent de financement de 0,7 milliard CHF en 2026, contre un déficit de 0,7 milliard CHF initialement budgétisé. Cette inversion remarquable de 1,4 milliard CHF en trois mois reflète une meilleure rentrée fiscale que prévue et rassurant quant à la dynamique économique réelle. Les caisses fédérales s’en trouvent allégées, offrant des marges de manœuvre pour les dépenses prioritaires.
Au final, la Suisse navigue avec prudence dans un environnement toujours porteur. L’intermède d’octobre, loin de remettre en cause la trajectoire de la croissance, signale plutôt que la machine économique helvétique pulse au rythme d’une économie mature, capable de gérer les aléas sans basculer dans l’alarme.