Le président suisse Guy Parmelin s’est rendu en Chine, accompagné d’une délégation économique et scientifique, pour signer un accord bilatéral optimisé de libre-échange. Il s’est entretenu avec le président chinois Xi Jinping au sujet des relations bilatérales entre les deux pays et de l’actualité internationale.
Cette démarche représente un tournant majeur pour la politique commerciale helvétique. Alors que le Vietnam et les États membres de l’AELE ont signé un accord de libre-échange le 18 octobre après plus de 14 ans de négociations, l’accord sino-suisse illustre l’accélération de l’ouverture économique de la Suisse vers les géants asiatiques.
Une stratégie commerciale offensive
Pour la Suisse, cet accord optimisé intervient dans un contexte de diversification économique urgente. Le commerce extérieur a progressé durant le 3e trimestre 2026 et la Suisse enregistre un excédent commercial de 14 milliards de francs. Ces chiffres positifs masquent néanmoins une dépendance structurelle envers certains secteurs, notamment pharmaceutique. Après une hausse de 0,5% au premier trimestre, le PIB suisse avait enregistré une hausse de 1,5% au deuxième trimestre sous l’effet d’un bond des exportations de produits pharmaceutiques. Cette accélération inattendue avait amené le ministère de l’Économie à relever sa prévision de croissance pour l’ensemble de l’année 2026 à 1,7%, contre 0,9% attendu auparavant.
L’accord avec la Chine s’inscrit donc dans une logique de réduction des risques et d’élargissement de la base économique suisse. Il complète une série d’initiatives commerciales lancées par Berne ces derniers mois, confirmant un virage vers une diplomatie commerciale plus active et multilatérale.
Perspectives économiques toujours robustes, malgré des signes d’essoufflement
Même si les perspectives demeurent positives, les derniers indicateurs suggèrent une modération relative. Le baromètre conjoncturel du KOF a reculé en octobre de 1,5 point à 107,6 points, après avoir grimpé sans discontinuer depuis mai. Cependant, les perspectives pour la conjoncture helvétique sont robustes, malgré un coup de mou au mois d’octobre du côté des services, de la finance et de l’assurance. L’horizon est dégagé pour les exportations.
Sur le front monétaire, la Banque nationale suisse maintient une posture accommodante. La BNS maintient son taux directeur à 0% en 2026, tandis que la Fed et la BCE ont relevé les leurs. Cette décision protège la stabilité des prix en Suisse, avec une inflation contenue entre 0,7% et 0,8%.
Un contexte géopolitique en mutation
L’accord sino-suisse revêt aussi une dimension géopolitique. Au moment où les tensions commerciales internationales s’intensifient, la Suisse entend préserver ses canaux privilégiés d’accès aux marchés asiatiques. Cet équilibre diplomatique entre puissances globales devient une nécessité stratégique pour une petite économie ouverte.
Au plan interne, la Confédération suisse prévoit un excédent de financement de 0,7 milliard de francs en 2026, contre un déficit de 0,7 milliard de francs initialement budgétisé. Cette correction budgétaire positive offre des marges de manœuvre accrues pour investir dans les relations commerciales internationales.
La signature de cet accord consolide la position de la Suisse comme acteur économique pivot en Asie, un rôle que Berne cherche à renforcer face à la concurrence croissante d’autres nations européennes.