L’inflation suisse a augmenté de 0,2 point en septembre pour atteindre 1,0% en glissement annuel, son niveau le plus élevé depuis août 2024. Un chiffre qui paraît modeste sur le papier, mais qui représente un véritable changement de trajectoire pour une économie habituée à des prix quasi gelés depuis des mois.
Le phénomène n’est pas mystérieux : ce rebond est directement imputé aux prix de l’énergie, qui ont explosé au gré des tensions géopolitiques. Ce mécanisme rappelle une donnée structurelle dont la Suisse ne peut s’affranchir : sa dépendance aux chocs externes, qu’ils soient pétroliers ou monétaires.
Une majorité d’autres prévisions à la hausse
Paradoxalement, d’autres experts suisses adoptent une posture inverse face à cette accélération inflationniste. Le KOF (Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich) relève les prévisions de croissance de la Suisse pour cette année. Cette bifurcation entre inflation et croissance illustre un scénario délicatement équilibré : l’économie gagne en vigueur, mais les prix gagnent du terrain.
De son côté, l’UE adopte officiellement la réforme de l’assurance chômage des frontaliers, deux motions parlementaires s’opposant à sa reprise par la Suisse. Une question qui agite le paysage politique suisse en arrière-plan, les parlementaires craignant les conséquences sociales et budgétaires d’une adoption pure et simple du modèle européen.
La BNS en attente avant décision
Sur le front monétaire, la Banque nationale suisse observe les chiffres sans réaction immédiate. L’inflation se situe dans la fourchette de stabilité des prix fixée par la BNS et le taux directeur reste à 0%. Cependant, ce répit de la banque centrale ne saurait être durable si l’inflation poursuit sa remontée. L’institution devra à un moment ou un autre peser la pertinence du maintien de taux zéro dans un contexte inflationniste amplifié.
Au-delà du simple chiffre d’inflation, ce seuil des 1% marque un tournant psychologique pour les consommateurs, entrepreneurs et décideurs politiques suisses. Pendant longtemps, la Suisse a joui d’une exceptionnelle stabilité des prix. Cette époque semble définitivement révolue.