L’économie suisse se redresse plus vite que prévu. Les économistes de Raiffeisen estiment que le PIB, hors effets des grands événements sportifs, augmentera de 1,7% en 2026, contre 0,8% prévu antérieurement. Cette révision spectaculaire change la donne pour la politique monétaire suisse.
La dynamique du secteur pharmaceutique a soutenu la croissance au deuxième trimestre, avec des résultats plus forts que prévu. L’économie suisse demeure sur une trajectoire de reprise et a jusqu’à présent peu subi les conséquences du conflit au Moyen-Orient. Ces facteurs expliquent pourquoi les prévisions ont été revues à la hausse de manière aussi substantielle.
L’inflation s’accélère, la BNS se prépare au virage
Cette croissance plus vigoureuse s’accompagne d’une accélération des prix. Raiffeisen prévoit une augmentation des prix de 0,7% en 2026, contre 0,5% précédemment, et de 1,1% en 2027, contre 0,8% auparavant. L’inflation remonte progressivement, ce qui justifie un changement de cap de la Banque nationale suisse.
Depuis des mois, la BNS maintient ses taux à zéro malgré une croissance qui s’accélère. Cette position devient intenable. Les économistes de Raiffeisen s’attendent à ce que la Banque nationale suisse mette bientôt fin à sa politique de taux zéro. La hausse des taux pourrait intervenir dès l’évaluation économique et monétaire prévue le 10 décembre.
Un tournant après des mois de débat
La question d’une normalisation monétaire divise depuis longtemps. Certains arguments militaient pour un maintien prolongé des taux bas : risques géopolitiques, secteur pharmaceutique fragile, franc suisse volatile. Mais la croissance réelle observée et les prévisions révisées rendront difficile la poursuite d’une politique de taux zéro. Les marchés intègrent déjà cette perspective, et une hausse le 10 décembre apparaît désormais largement anticipée.
Pour les ménages et les entreprises, cela signifie un changement dans l’environnement du crédit. Les taux bas qui ont soutenu l’économie pendant une période d’incertitude cèderont progressivement la place à une politique plus restrictive. La BNS devra calibrer ce changement avec prudence : la croissance suisse, bien que révisée à la hausse, reste modérée par les standards internationaux, et l’inflation, quoique remontante, n’atteint pas encore les niveaux préoccupants.