L’indice du climat de consommation suisse s’établit à -36 points en juin 2026, en baisse de 4 points par rapport à juin 2025. Ce recul révèle un malaise croissant chez les ménages face aux perspectives économiques, particulièrement affectés par l’incertitude géopolitique, les tensions commerciales avec les États-Unis et la faiblesse de la demande externe.
Un pessimisme croissant sur tous les fronts
L’indice du climat de consommation s’inscrit à -36 points en juin 2026, inférieur de 4 points à son niveau de juin 2025, avec des sous-indices notamment inférieurs pour la situation économique générale à venir, la situation financière passée et le moment jugé favorable pour de grandes acquisitions. Cette dégradation successive confirme que les inquiétudes des consommateurs ne sont pas passagères, mais s’enracinent dans un contexte économique tendu.
Les raisons du doute sont multiples. Le groupe d’experts de la Confédération pour les prévisions conjoncturelles a révisé à la baisse ses prévisions pour la croissance économique de la Suisse, tablant sur une progression de 0,9% en 2026, tandis que la crise au Proche-Orient et au Moyen-Orient pousse les prix de l’énergie à la hausse et freine l’économie mondiale. Cette croissance, quasi stagnante, laisse peu de marge aux ménages pour envisager l’avenir avec optimisme.
Des échanges commerciaux fragilisés
Pour la Suisse, l’inflation reste faible grâce au mix énergétique, tandis que la baisse de la demande étrangère pèse sur le commerce extérieur. Les exportateurs suisses restent sur leurs gardes face aux incertitudes politiques et réglementaires. Les droits de douane américains actuels de 10% se fondent sur la « section 122 » de la loi américaine sur le commerce et peuvent être maintenus sans approbation du Congrès pour une durée maximale de 150 jours, délai arrivant à échéance le 24 juillet 2026.
Au-delà des États-Unis, la Suisse n’a pas obtenu l’exemption accordée aux pays de l’EEE concernant les mesures de protection de l’UE sur l’acier, fragilisant davantage un secteur déjà sous tension. Ces obstacles au commerce affectent directement les perspectives de revenus des entreprises exportatrices, ce qui se répercute sur la confiance des ménages.
La politique monétaire en pause
Face à ce contexte morose, le taux directeur de la BNS est resté inchangé à 0% lors des appréciations de mars et juin 2026. En juin 2026, la BNS tablait sur une inflation de 0,6% pour 2026 et 2027, confirmant que la banque centrale juge inutile de resserer davantage sa politique alors que la croissance ralentit.
Cette prudence reflète un dilemme classique: la BNS souhaite soutenir une économie fragilisée, mais elle ne peut que peu faire contre les chocs externes. Les consommateurs, conscients que le contexte ne s’améliorera pas rapidement, limitent leurs dépenses, ce qui crée un cercle vicieux où la faiblesse de la consommation aggrave le ralentissement économique.
Vers une stabilisation ?
Quelques éclairnies percent néanmoins. Le 13 juillet 2026, le président Guy Parmelin et le ministre britannique de l’Économie et du Commerce ont annoncé l’aboutissement des négociations relatives à un accord de libre-échange actualisé entre la Suisse et le Royaume-Uni. Ce succès diplomatique contribue à réduire l’isolement commercial helvétique, même s’il ne suffira pas, à court terme, à remonter le moral des consommateurs.
L’économie suisse demeure celle d’un pays riche, aux fondamentaux solides et à l’inflation maîtrisée. Mais le malaise des ménages révèle une réalité incontournable: quand le reste du monde ralentit, même la Suisse ne peut échapper à la morosité générale. La vraie question n’est pas si l’économie se stabilisera, mais quand les consommateurs retrouveront la confiance.