L’optimisme économique suisse retrouve des couleurs en août, dépassant toutes les prévisions

Economie

Un regain d’optimisme inattendu souffle sur les milieux économiques suisses. Le baromètre du Centre d’études conjoncturelles (KOF) de l’EPF de Zurich a enregistré une progression notable en août, atteignant 106,7 points, s’inscrivant largement au-dessus de la normale à moyen-terme. Cette montée de 2,5 points par rapport au niveau révisé de juillet a surpris les analystes. Le niveau du baromètre en août décoiffe les prévisions des économistes interrogés par l’agence AWP, qui s’attendaient au mieux à 103,2 points.

Ce rebond du sentiment conjoncturel intervient dans un contexte économique nuancé. L’économie suisse évolue sur une tendance positive, soutenue par la demande étrangère, l’industrie manufacturière et les services, bien que la consommation privée connaisse une légère pression. Parallèlement, le baromètre de confiance économique UBS-CFA a progressé en août, pour le deuxième mois d’affilée, de 2,1 points à 12,1 points, consolidant cette tendance haussière.

Les exportations se redressent

Cette amélioration du moral économique reflète une accalmie après une période turbulente. Depuis le début de l’année, la conjoncture suisse a été influencée par la politique douanière américaine. Les effets d’anticipation des exportations visant à éviter des droits de douane plus élevés ont fortement soutenu le PIB en début d’année. Au troisième trimestre, ces effets se sont inévitablement inversés et ont entraîné une contraction significative de l’économie. En août, les tensions commerciales semblent s’estomper légèrement, redonnant confiance aux exportateurs.

Une croissance toujours atone sur l’année

Cependant, cet optimisme doit être tempéré par les prévisions officielles. Le Groupe d’experts de la Confédération table sur une croissance nettement inférieure à la moyenne en 2026, de 0,9 %, suivie d’une progression de 1,6 % en 2027. L’inflation, elle, demeure maîtrisée, sans crainte de retour de l’inflation, inférieure à 1 %.

Sur le marché du travail, les tensions persistent. Le taux de chômage devrait grimper à 3,0 % en 2026, signe d’une certaine fragilité malgré l’optimisme du moment. Les entreprises peinent toujours à recruter, particulièrement dans les secteurs spécialisés.

Une économie résiliente mais vigilante

Le contraste entre l’amélioration du sentiment conjoncturel et les prévisions mesurées illustre la posture actuelle de l’économie suisse : résiliente, mais consciente des défis qui l’attendent. La moitié des experts interrogés table sur une évolution positive de la conjoncture suisse, mais ils sont plus pessimistes concernant l’évolution aux États-Unis, révélant une inquiétude persistante sur l’environnement géopolitique et commercial mondial.

Les mois à venir seront décisifs. Si ce rebond d’optimisme reflète une amélioration durable des conditions d’export et un apaisement des tensions commerciales, il pourrait soutenir une accélération progressive de la croissance. À l’inverse, une nouvelle dégradation du climat géopolitique ou une escalade des mesures protectionnistes pourrait rapidement inverser cette tendance.