Les primes d’assurance-maladie augmenteront de 5% en 2027, soit en moyenne 19,70 francs de plus par mois. Cette annonce, tombée début octobre, résonne comme un nouveau coup dur pour les portefeuilles suisses. Il s’agit déjà de la cinquième hausse consécutive depuis 2023, une séquence particulièrement pénible qui suscite l’inquiétude.
La prime moyenne grimpe à 412 francs par mois, franchissant un seuil symbolique jamais atteint auparavant. Pour un adulte, le coût augmentera de 22,80 francs par mois, tandis que les enfants verront leur prime augmenter de 5,70 francs par mois.
Des inégalités cantonales qui persistent
Si la moyenne nationale affiche 5%, les divergences géographiques restent criantes. Le Jura enregistre la plus forte hausse romande avec +6,6%, Vaud la plus faible avec +3,5%. En Romandie, le Valais grimpe à +5,6%, Berne et Neuchâtel à +5,4%, Fribourg à +5,2%. Cette mosaïque cantonale perpétue des discriminations entre régions qui ne manquent pas de susciter des frustrations.
Les véritables causes : au-delà la mysticité des chiffres
L’OFSP met notamment en cause la multiplication des traitements, les progrès médicaux et le vieillissement de la population. Mais ces explications ont de quoi interroger. Les assureurs affichent un excédent de 569 millions de francs et des réserves de 8,6 milliards, des montants considérables qui devraient en théorie permettre d’atténuer les hausses.
Les données sur les coûts bruts ne suffisent pas à justifier l’ampleur persistante des augmentations. Les coûts ont progressé de 5,3% en 2025 et devraient encore augmenter de 4,7% cette année, puis de 5,0% en 2027. Le lien entre croissance des dépenses et hausse des primes paraît établi, mais les réserves massives des caisses soulèvent des questions légitimes sur la gestion tarifaire et l’équité envers les assurés.
Changements de caisse : une fenêtre de tir étroite
Les caisses ont jusqu’à fin octobre pour informer leurs assurés du montant de leurs primes pour 2027. Après cette notification, les assurés souhaitant changer de caisse doivent résilier leur contrat avant le 30 novembre, par écrit et recommandé. Cette fenêtre d’un mois impose aux ménages une réaction rapide face aux mauvaises nouvelles.
Pour les Suisses déjà sous tension financière, cette nouvelle hausse prolonge un cycle épuisant. Depuis 1997, la prime moyenne a progressé de 199%, le triple est presque atteint. Un accroissement qui dépasse largement celui des salaires, creusant le fossé entre la charge de l’assurance maladie et le pouvoir d’achat réel des citoyens.