La Suisse savoure son euphorie économique : le KOF au plus haut depuis 2021, mais attention à la chute

Economie

Les perspectives pour l’économie suisse restent favorables, selon le baromètre du KOF publié mardi, qui a encore augmenté en septembre, retrouvant son plus haut niveau depuis 2021. Un signal fort qui fait du bruit à Zurich, mais qui invite aussi à la vigilance. Car derrière ce regain d’optimisme se cache une économie toujours dépendante de quelques piliers fragiles.

En septembre, ce baromètre a encore gagné 1,6 point, pour atteindre 109,1 points, confirmant une dynamique positive que les experts du Centre polytechnique fédéral de Zurich attribuent à trois secteurs moteurs. L’industrie, les services et le secteur de la construction affichent une évolution particulièrement positive.

Mais où provient vraiment ce nouvel élan ? La réponse révèle une économie happée par les appétits mondiaux, plutôt que portée par une dynamique interne solide. Une partie de l’industrie helvétique bénéficie de la vague d’investissements dans l’intelligence artificielle, qui dope la demande d’équipements pour la construction de centres de données. Cette manne est réelle, mais elle reste conditionnelle : tant que les géants du numérique déploient massivement leurs infrastructures, la Suisse en capte les bénéfices.

Le risque gît précisément là. Car cette embellie masque une vulnérabilité structurelle de l’économie helvétique. Après le bond des exportations pharmaceutiques au deuxième trimestre, le ministère de l’Économie s’attend à « un certain mouvement inverse » au second semestre. Autrement dit, le rebond actuel repose sur des piliers qui ont déjà montré leur volatilité : la pharma et maintenant les data centers. Ni l’un ni l’autre ne construisent une base stable de croissance interne.

L’environnement extérieur ne rassure guère. Malgré les incertitudes autour du conflit en Iran et des prix de l’énergie, les experts maintiennent leur optimisme. Mais il suffirait d’un ralentissement des investissements technologiques mondiaux ou d’une escalade des tensions au Moyen-Orient pour que cette euphorie se dissipe. Le baromètre KOF, si élevé soit-il, reste une mesure d’intentions et de confiance, non de résilience.

L’économie suisse a retrouvé le sourire. Reste à vérifier si elle a aussi les épaules assez solides pour supporter une chute.