La Suisse enregistre une croissance nettement meilleure que prévu en 2026, tirée par un deuxième trimestre robuste et un franc moins volatil qui aide les exportateurs. Le groupe d’experts de la Confédération pour les prévisions conjoncturelles a revu à la hausse ses prévisions pour la croissance économique de la Suisse, tablant sur une croissance de 1,7 % pour 2026 (prévisions de juin : 0,9 %).
Cette amélioration contraste fortement avec la trajectoire économique européenne. Alors que Berne bénéficie d’une dynamique positive, la BCE a augmenté chacun de ses trois taux directeurs de 25 points de base le 16 septembre 2026, le taux de refinancement principal atteignant 2,65 %. Cette divergence de politique monétaire place la Suisse dans une position avantageuse : le taux d’intérêt de référence en Suisse a été enregistré pour la dernière fois à 0 %, offrant à l’économie helvétique une flexibilité que ses voisins européens n’ont pas.
Pharma et chimie au cœur du rebond
Le redressement suisse repose avant tout sur ses secteurs phares. L’amélioration intervient après un deuxième trimestre marqué par de bonnes performances dans plusieurs secteurs industriels, notamment la chimie et la pharmacie. Le rebond de l’économie suisse doit beaucoup aux industries chimique et pharmaceutique, qui occupent une place centrale dans les exportations helvétiques. Cependant, la valeur ajoutée de ces branches peut fortement varier d’un trimestre à l’autre, et une partie de cette dynamique pourrait s’inverser au second semestre 2026 avec un « certain retour de balancier ».
Sur le marché du travail, les perspectives restent favorables. L’évolution de l’économie se reflète sur le marché du travail et permet d’entrevoir un recul progressif du chômage, avec un taux attendu à 3,1 % en 2026 en moyenne annuelle.
Prudence face aux risques géopolitiques
Les autorités suisses appellent à ne pas crier victoire trop rapidement. Bien que le PIB de la Suisse ait fortement progressé récemment, le conflit en Iran, les prix élevés de l’énergie et les incertitudes persistantes en matière de politique commerciale constituent d’importants risques pour la conjoncture. Ces défis externes pèsent aussi sur l’Europe, où la BCE tente un exercice d’équilibriste : redémarrer la croissance sans relancer l’inflation, déjà remontée à des niveaux inquiétants.
En Suisse, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié son rapport sur la politique économique de la Suisse le 15 septembre 2026. Si elle salue l’orientation de la politique économique suisse, l’Organisation identifie aussi des mesures à prendre pour préserver durablement la compétitivité et la capacité d’innovation du pays.
La conjoncture suisse de fin 2026 reflète donc une économie en bonne santé relative, mais consciente que sa résilience n’est jamais garantie. La politique monétaire accommodante de la BNS offre une marge de manœuvre que la BCE ne possède plus, et cette différence structurelle pourrait bien décider des trajectoires des deux blocs économiques dans les mois à venir.