Le produit intérieur brut de la Suisse a fortement crû au deuxième trimestre, de 1,5%, selon le Secrétariat d’État à l’économie. Un chiffre remarquable dans un contexte d’incertitudes géopolitiques et de ralentissement mondial. Ce chiffre dépasse les attentes du consensus, qui tablait sur une croissance de 0,3%, et même ces derniers tablaient sur une évolution du PIB comprise entre +0,2% et +0,4% au deuxième trimestre par rapport au précédent.
Le moteur de cette performance ? L’économie suisse a profité d’un fort rebond de l’industrie chimique et pharmaceutique. Après plusieurs trimestres de contraction, les exportations de produits chimiques et pharmaceutiques, le plus gros secteur d’exportation du pays alpin, ont rebondi de 15,2% par rapport au trimestre précédent après quatre trimestres successifs de repli. Une résurrection spectaculaire pour le secteur qui était cité en exemple négatif lors des derniers mois.
Au-delà de la pharma, le tableau économique s’améliore sur plusieurs fronts. Les exportations du secteur industriel ont quant à elles continué de grimper, alignant une croissance de 1,7% au deuxième trimestre, après une progression de 0,3% sur les trois premiers mois de l’année. Les services, tant décriés pour leur lenteur, bougent aussi : les services sont également sur la pente ascendante.
Une résilience qui interroge
Pour les experts, cette accélération tient largement au contexte précédent. Cela représente une sorte de correction après les trimestres faibles de l’année dernière. Globalement, on observe un effet de rattrapage, commente le SECO. L’économie suisse absorbe aussi mieux que prévu les chocs externes. L’économie suisse a absorbé la hausse des prix de l’énergie au cours du trimestre.
La banque Migros voit dans ce rebond la remarquable résilience de l’économie face à la hausse des prix de l’énergie, aux incertitudes commerciales et à un contexte international difficile. Elle attribue cette dynamique à la vigueur du secteur des services, la solidité persistante de la demande intérieure et la compétitivité du secteur des exportations.
Cependant, les observateurs tempèrent l’optimisme. Le secteur avait bénéficié de la demande d’équipements pour la construction de centres de données, alimentée par la course aux investissements dans l’IA. Mais elle avait prévenu que cette croissance reposait sur un petit nombre d’entreprises et de sous-branches, et restait donc fragile. La croissance, bien réelle, demeure concentrée et fragile.
Perspectives contrastées
Pour le reste de l’année, les prévisions restent modérées mais positives. La Banque Migros table sur une croissance du PIB de 0,1% au troisième trimestre et de 0,3% au quatrième partiel. Cela devrait permettre à l’économie suisse d’atteindre un taux de croissance annuel robuste de 1,7% en 2026. Pour 2027, nous tablons sur une croissance de 1,9%.
Le message semble clair : la Suisse n’est pas immunisée contre les turbulences mondiales, mais elle bénéficie d’une base industrielle et d’une compétitivité qui continuent de jouer en sa faveur. La question qui demeure est de savoir si ce rebond de la chimie-pharma marque le début d’une reprise durable ou seulement un rattrapage temporaire. Les données plus détaillées attendues début septembre fourniront des réponses plus précises.