Acier: l’UE frappe sans ménagement, la Suisse privée de dérogation

Economie

Acier suisse: l’UE frappe sans ménagement, la Suisse privée de dérogation

L’Union européenne réduit de 33% les volumes d’acier importés en franchise de droits depuis la Suisse dès juillet 2026. Un coup sévère pour les exportateurs helvétiques, qui n’obtiennent pas le passe-droit accordé aux voisins de l’Espace économique européen.

Les droits de douane sur l’acier passent de 25% à 50%, une augmentation du tarif douanier qui alourdit considérablement la facture pour les producteurs suisses. La Suisse n’obtient pas d’exemption contrairement aux pays de l’EEE comme la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Un traitement inégalitaire que Berne a tenté d’éviter, sans succès.

Une décision qui met en lumière les fragilités de la relation commerciale

Le Président de la Confédération Guy Parmelin s’est rendu à Washington mais aucun accord commercial n’a encore été signé, tandis que la Suisse a tenté d’obtenir une dérogation, sans succès. Les négociations diplomatiques n’ont donc pas suffi à modifier le cap de Bruxelles.

Ce dispositif, annoncé par Bruxelles en octobre, vise à sauver les industriels européens, profondément déstabilisés depuis des années par les surcapacités de production de leurs concurrents chinois massivement subventionnés. Une logique de protection du marché intérieur qui pèse lourdement sur les partenaires extérieurs, y compris la Confédération.

Quel impact pour l’économie suisse?

La mesure intervient dans un contexte économique déjà fragile. Le Groupe d’experts de la Confédération pour les prévisions conjoncturelles revoit légèrement à la baisse ses prévisions pour la croissance économique de la Suisse, tablant sur une croissance nettement inférieure à la moyenne en 2026, de 0,9%. Les secteurs d’exportation helvétiques, exposés à la concurrence internationale et à la volatilité des tarifs, pourraient subir un double effet récessif.

Pour l’industrie sidérurgique suisse, fortement orientée à l’export, ces nouvelles conditions modifient radicalement l’équilibre concurrentiel. Dès juillet, la Suisse pourra ainsi exporter moins d’acier en franchise de droits vers l’UE qu’auparavant, Berne et Bruxelles s’étant mises d’accord sur de nouveaux volumes.

Cette décision s’inscrit dans une série de tensions commerciales plus larges. Le Président de la Confédération Guy Parmelin s’est rendu à Washington mais aucun accord commercial n’a encore été signé concernant les droits de douane américains. La Suisse se trouve ainsi prise en étau entre deux grands blocs commerciaux, sans pouvoir se prévaloir de statuts spéciaux qui protègent ses voisins directs.

La Confédération doit désormais anticiper les réajustements sectoriels et chercher de nouveaux débouchés pour pallier la contraction de cet accès privilégié aux marchés européens.