Les experts économiques de la Confédération surprennent le marché avec un revirement spectaculaire. Après des mois de pessimisme, le Groupe d’experts table désormais sur une progression du produit intérieur brut (PIB) réel de 1,7% en 2026, contre seulement 0,9% prévu auparavant. Une bonne nouvelle qui tranche avec les prévisions moroses des derniers mois.
Pharma et franc faible au secours de la croissance suisse
Portée par un deuxième trimestre plus dynamique que prévu et un franc moins fort qui aide les exportateurs, la Confédération a revu fortement ses prévisions après de bonnes performances dans les secteurs industriels, notamment la chimie et la pharmacie.
Ce rebond ne sort pas de nulle part. Les secteurs chimique et pharmaceutique, qui occupent une place centrale dans les exportations helvétiques, ont enregistré des résultats supérieurs aux attentes durant le printemps. L’affaiblissement du franc suisse face aux devises mondiales a également joué un rôle clé, rendant les produits suisses plus compétitifs à l’exportation.
Sur le plan intérieur, la consommation privée s’est révélée être un pilier de la croissance, grâce à la hausse des salaires réels due à la faible inflation. Cette dynamique offre une respiration bienvenue après plusieurs trimestres marqués par les incertitudes commerciales internationales.
Prudence de mise : le rebond peut s’inverser
Mais les experts de la Confédération appellent à la prudence. La Confédération appelle à la prudence dans son communiqué, car la valeur ajoutée des branches chimique et pharmaceutique peut fortement varier d’un trimestre à l’autre, notamment en raison de grands mouvements liés aux exportations de produits pharmaceutiques.
Les experts estiment qu’une partie de cette dynamique pourrait s’inverser au second semestre 2026, avec un « certain retour de balancier ». Cette mise en garde souligne la fragilité du rebond : si la pharma perd de l’élan, la croissance suisse risque de retomber rapidement.
Sur le marché du travail, le tableau reste mitigé. En août, le taux de chômage s’est maintenu à 3,0%, comme en juillet, mais après plusieurs années de créations d’emplois, le marché du travail connaît un net ralentissement, avec une croissance de l’emploi prévue de seulement 0,5% en 2026.
Pour l’inflation, la Suisse peut respirer. La BNS prévoit une inflation moyenne de 0,5 % en 2026, ce qui maintient la monnaie suisse dans une position de stabilité. La Banque nationale suisse devrait maintenir son taux directeur à 0% sur toute la période de prévision.
Cette relance des prévisions de croissance redonne un peu d’optimisme au contexte économique suisse. Reste à voir si la pharma maintiendra cette performance spectaculaire ou si la Suisse retombera dans la modération.