La Suisse devrait enregistrer une croissance du produit intérieur brut de 1,7% en 2026, révèle l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui a publié son rapport sur la politique économique de la Suisse le 15 septembre 2026. Cette projection représente un rebond spectaculaire comparé aux anticipations qui tablaient sur une croissance très modérée.
Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) a nettement relevé sa prévision de croissance pour 2026, à 1,7%, contre 0,9% encore anticipé en juin. Un revirement que plusieurs facteurs expliquent. Le franc faible et les résultats surprises de la pharma et de la chimie boostent les prévisions économiques suisses.
La performance du deuxième trimestre a jeté les bases de cet optimisme retrouvé. Au 2ème trimestre, l’activité et l’emploi ont progressé dans les branches marchandes de l’économie suisse, avec une hausse sur un an de 5,3% du chiffre d’affaires et de 2,0% de l’emploi. Les secteurs exportateurs ont profité d’une dynamique particulière: l’économie suisse bénéficie également de l’affaiblissement récent du franc. Les entreprises orientées vers l’exportation en profitent particulièrement.
La chimie-pharma, moteur historique de la Suisse, tire particulièrement bien son épingle du jeu. Ce secteur a enregistré des performances dépassant les attentes, redonnant un élan à l’ensemble de l’économie.
Nuages à l’horizon
Cependant, cet optimisme doit être pondéré. Lors de la deuxième moitié de 2026, la Confédération s’attend à un «certain retour de balancier». Les experts soulignent que ce rebond pourrait ne pas durer. Ils soulignent le caractère temporaire de cette accélération.
La Confédération cite notamment le conflit iranien, les prix élevés de l’énergie et l’incertitude dans le commerce mondial comme sources de préoccupation. L’Organisation identifie aussi, compte tenu des nombreux défis posés, des mesures à prendre pour préserver durablement la compétitivité et la capacité d’innovation du pays. Parmi les priorités identifiées figurent la poursuite des réformes dans les domaines de la santé et de la prévoyance vieillesse, la réduction de la charge administrative pesant sur les entreprises, une meilleure mobilisation du potentiel de main-d’œuvre et le renforcement de la concurrence.
Le marché du travail demeure stable. En août, le taux de chômage au sens du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) s’est maintenu à 3,0%, comme en juillet. Pour l’inflation, les experts prévoient 0,6% tant pour 2026 que pour 2027.
Cette reprise, bien que vigoureuse, reste donc prisonnière de ses conditions: une conjoncture internationale fragile et une compétitivité suisse qui repose largement sur des atouts sectoriels concentrés. L’année 2026 pourrait marquer un tournant, à condition que les risques géopolitiques n’aggravent pas l’instabilité observée sur les marchés mondiaux.