Contexte et décisions organisationnelles en Valais
En 2019, le canton du Valais annonçait la scission du service des bâtiments, monuments et archéologie en deux entités distinctes. L’archéologie rejoignait le service de la culture pour assurer une cohérence institutionnelle, tandis que le volet restant était rattaché au Département des finances et de l’énergie afin de piloter un fonds couvrant l’ensemble des coûts des locaux immobiliers de tous les services cantonaux.
Cette réorganisation a été présentée par le Conseil d’État comme motivée par des considérations stratégiques, selon le Canton. Neuf jours avant cette communication officielle, le Canton avait toutefois reçu les conclusions d’un rapport commandé pour analyser le fonctionnement du service de l’époque et les relations hiérarchiques en son sein.
Conflits internes et observation managériale
Le document met en lumière un conflit de personnes entre le chef du service, l’architecte cantonal Philippe Venetz, et la responsable de la section archéologie, Caroline Brunetti. Tous deux estiment impossible de poursuivre une collaboration professionnelle et se portent des reproches personnels sans perspective d’amélioration.
Le rapport analyse aussi le style de management du chef de service, décrit comme impulsif et imprévisible, une conduite susceptible de perturber le fonctionnement du service.
Des recommandations qui divergeaient de la réalité organisationnelle
Le rapport évoque une option de séparation des deux entités, mais préconise néanmoins de ne pas bouleverser l’organisation, estimant qu’un changement d’un tel envergure n’était pas adapté et que deux responsables ne pourraient pas travailler ensemble dans le cadre existant.
Concrètement, il propose que l’État du Valais se distancie du chef de service et/ou de la responsable de l’archéologie. Cette recommandation n’a pas été suivie: le service a été scindé et Philippe Venetz ainsi que Caroline Brunetti sont restés en poste.
Suivi managérial et perception actuelle
À la suite de ce rapport, un groupe de cadres a constitué un groupe de travail, soutenu par un cabinet externe de coaching, afin d’évaluer les mesures d’amélioration et de renforcer les compétences du chef de service. Le cabinet de coaching n’a toutefois pas pu se prononcer sur des progrès significatifs, évoquant un manque d’adhérence apparente du coaché au processus.
Six ans après ces échanges, le service immobilier et patrimoine est décrit comme relativement apaisé: selon le Canton, les taux d’absentéisme et le turnover ne dépassent pas ceux observés dans le reste de l’administration.
Réactions et contestations
Néanmoins, plusieurs cadres contactés affirment que Philippe Venetz n’est pas à sa place et parlent d’une erreur de casting dès le départ. Sous anonymat, ils évoquent une personnalité perçue comme colérique et inflexible, avec des difficultés à engager le dialogue, et dénoncent des critiques sur le manque de préparation des séances, des annulations de dernière minute, l’absence d’ordre du jour et de procès-verbaux.
Venetz se dit surpris par ces reproches et affirme avoir pris conscience des failles managériales et les avoir corrigées. De son côté, Franziska Biner, conseillère d’État et nouvelle ministre de tutelle, indique ne recevoir aucune plainte interne et ne rien avoir à reprocher à ce jour au chef de service, tout en indiquant réfléchir à la suite des suites à donner à ces observations.