“L’Etat n’a pas pleinement assumé ses responsabilités. Au nom de la République
de Corée, j’adresse mes sincères excuses et mes mots de réconfort aux personnes
adoptées à l’étranger, à leurs familles ainsi qu’à leurs familles biologiques
qui ont enduré des souffrances”, a déclaré le président sud-coréen Lee Jae-myung
dans un communiqué.
Ces excuses font suite à “des décisions judiciaires récentes et des
investigations menées par la Commission vérité et réconciliation révélant que,
dans certains cas, de graves violations des droits humains ont été commises lors
des procédures d’adoption à l’étranger”, a-t-il ajouté.
>> Pour en savoir plus, lire : Le gouvernement sud-coréen reconnu coupable de
fraudes à l’adoption internationale
La Corée du Sud, quatrième économie d’Asie et puissance culturelle mondiale, a
envoyé à l’étranger plus de 140’000 enfants à des fins d’adoption entre 1955 et
1999, selon des données officielles. Or, depuis des années, des Sud-Coréens
adoptés par des parents étrangers défendent leur droit de savoir mais leur quête
d’information est notoirement difficile en Corée du Sud.
MESURES ET EXCUSES
Dans une société sud-coréenne profondément conservatrice et patriarcale, nombre
de jeunes mères non mariées se trouvent contraintes d’abandonner leur bébé à la
naissance. Mi-juillet, la Corée du Sud s’est engagée à restructurer son système
public d’adoption et à tourner le dos aux agences d’adoption privées, peu
contrôlées par l’Etat.
“L’Etat prend maintenant l’entière responsabilité d’assurer la sécurité et les
droits de tous les enfants adoptés”, a assuré un responsable du ministère de la
Santé, Kim Sang-hee.
En 1998, l’ancien président Kim Dae-jung avait déjà présenté ses excuses lors
d’une réunion avec des personnes adoptées à l’étranger, déclarant: “Du fond du
cœur, je suis sincèrement désolé. Je suis profondément convaincu que nous avons
commis une grave injustice à votre égard.”. Mais il n’avait pas reconnu la
responsabilité de l’Etat pour ces décennies de pratiques abusives.
ats/juma