Nouvelle alliance romande : porte-voix des victimes du racisme et des violences policières

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Nouvelle alliance romande : porte-voix des victimes du racisme et des violences policières

Une coalition indépendante, créée en août dernier, affirme vouloir représenter celles et ceux qui n’ont plus voix au chapitre et dénoncer les violences racistes qui perdurent en Suisse romande.

Lors d’une conférence à Lausanne, l’une des porte-paroles a déclaré : « Nous sommes ici pour représenter ceux qui ne peuvent plus parler et pour que les violences racistes cessent immédiatement ». Elle a ajouté que, dans la Suisse romande, des personnes, en grande majorité noires, continuent de périr à la suite d’interventions policières, sans vérité ni justice à la hauteur.

La coalition a notamment évoqué des noms liés à la question des violences policières dans le canton de Vaud, parmi lesquels Mike Ben Peter, Nzoy, Lamin, ainsi que Camila et Marvin, deux mineurs morts cet été lors de poursuites avec la police.

Selon ses porte-paroles, « au moins sept personnes sont décédées ces dix dernières années dans le canton de Vaud pendant des interventions policières, dont trois entre mai et août 2025 ».

Onze revendications

1) Création d’un système indépendant de contrôle des pratiques policières.

2) Remise d’un récépissé après chaque contrôle.

3) Restriction du port de l’arme à feu en fonction des missions.

4) Mise en place d’un accompagnement pour les familles des personnes décédées après une interaction avec la police.

5) Licenciement et interdiction d’exercer pour 48 agents impliqués dans le scandale des groupes WhatsApp de la police lausannoise.

6) Réévaluation des pratiques policières, notamment l’interdiction du plaquage ventral.

7) Encadrement strict des courses-poursuites.

Ces mesures s’inscrivent dans les onze revendications annoncées par la CORA.

La coalition précise aussi qu’elle veut lutter contre toutes les formes de racisme, et pas uniquement contre les violences policières et le racisme anti-noirs. Créée en août dernier, la CORA se présente comme une plateforme ouverte, non hiérarchique et non partisane, avec une perspective intersectionnelle.

À ce jour, environ 25 collectifs et associations ont rejoint la CORA, dont Justice pour Mike, Justice pour Nzoy, Grève féministe Vaud et Ensemble à gauche. Bien que majoritairement active dans le canton de Vaud, la coalition compte également des membres dans les cantons voisins, Genève et Neuchâtel.

La CORA se voit aussi comme un espace de discussion et de visibilité, avec des interventions publiques et des contenus médiatiques qui détaillent ses positions, relayés par des interviews et des extraits vidéo diffusés dans les médias locaux.

Enfin, des voix politiques locales estiment que ce mouvement peut accroître la pression sur les autorités. Le conseiller municipal Vert Ilias Panchard a accueilli favorablement cette démarche, rappelant un postulat de 2023 visant à augmenter le nombre de missions sans arme à feu par la police lausannoise.

Position et champ d’action

La CORA affirme qu’elle n’entend pas se limiter à la lutte contre les violences policières et le racisme anti-noirs : elle souhaite s’attaquer à toutes les formes de racisme, avec une approche ouverte et intersectionnelle.

Elle se décrit comme une coalition ouverte, non hiérarchique et non partisane, regroupant aujourd’hui environ 25 collectifs et associations, majoritairement actives dans le canton de Vaud, mais avec des membres dans les cantons voisins, Genève et Neuchâtel.