Les entreprises suisses pourraient recevoir 2 milliards de dollars en remboursements de droits de douane américains, selon les calculs des économistes de UBS. Une manne bienvenue alors que les secteurs exportateurs suisses encaissent depuis des mois les coups de la volatilité commerciale transatlantique.
La Suisse n’a pas échappé aux tensions tarifaires entre les États-Unis et ses principaux partenaires commerciaux. L’économie suisse dépend fortement des exportations, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux barrières commerciales et aux politiques tarifaires mises en œuvre par des partenaires commerciaux majeurs. Depuis 2025, les gouvernements successifs ont dû réviser à la baisse leurs prévisions de croissance précisément à cause de ces obstacles.
L’hypothèse des 2 milliards de dollars en remboursements repose sur la possibilité que la Suisse négocie un accord avec Washington pour compenser les droits de douane imposés sur les marchandises helvétiques. Ces fonds, s’ils se concrétisent, pourraient soulager un tissu économique actuellement marqué par des perspectives de croissance encore morose. Le groupe d’experts de la Confédération table sur une croissance nettement inférieure à la moyenne en 2026, de 0,9 %, suivie d’une progression de 1,6 % en 2027.
Une économie sous pression mais résiliente
Le contexte économique helvétique demeure contrasté. D’un côté, l’économie suisse a crû de 1,5% au deuxième trimestre 2026, son plus fort taux de croissance en près de cinq ans, grâce en particulier à un secteur chimique et pharmaceutique en plein essor avec une expansion de 10,5%. Ce rebond ponctuel témoigne de la capacité des fleurons suisses à tirer profit des marchés mondiaux malgré les turbulences.
De l’autre côté, le taux de chômage s’est maintenu à 3,0% en août, stable mais révélateur d’une certaine prudence des entreprises face aux incertitudes persistantes. La crise au Proche-Orient et au Moyen-Orient pousse les prix de l’énergie à la hausse et freine l’économie mondiale. Les incertitudes restent élevées.
La question des remboursements tarifaires revêt donc une importance stratégique. Si les 2 milliards se matérialisent, ils offriront aux entreprises suisses un coup de pouce pour compenser partiellement les marges érodées par les droits de douane. Pour une économie qui dépend massivement de ses exportations vers les États-Unis, notamment en horlogerie de luxe, pharma et appareillage médical, chaque dollar compte.
Les négociations en arrière-plan
L’administration fédérale et les organisations économiques suivent de près les négociations avec Washington. Le dossier reste sensible : obtenir des remboursements sans compromettre les relations commerciales futures demande une diplomatie économique de haut vol. La Suisse, désignée pays le plus compétitif au monde en 2025, repose sur une stabilité monétaire et une capacité d’innovation qui lui permettent de maintenir le cap là où ses voisins encaissent les contrecoups. Le franc suisse, puissant et stable, agit comme un bouclier contre les turbulences extérieures.
Reste à savoir si ces 2 milliards de dollars promis par les calculs d’UBS se concrétiseront effectivement et selon quel calendrier. En attendant, le dossier rappelle une réalité de l’économie helvétique : sa prospérité repose de plus en plus sur des négociations de haut niveau et la capacité de ses négociateurs à transformer les tensions commerciales mondiales en opportunités.